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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 22:06

 

Remettre les pendules à l’heure !

Une approche de l’objectif, du vrai , du juste.

On entend souvent cette expression, en sport, en politique, dans des entreprises diverses…

Une équipe de foot, par exemple qui est en tête de championnat se fait battre à deux reprises par des équipes en dernières position, etc. Le match suivant ! On va voir ce qu’on va voir...elle va mettre les choses au point, «remettre les pendules à l’heure !», lit-on dans la presse. se mettre à la hauteur.

Après «chercher ou pas midi à 14 heures», encore une exploration du temps et de nos rapports avec la vérité, la réalité, tout au moins ce que l’on appelle comme tel !

Remettre suppose que cela ait été mis, puis ait été malmené au point de vouloir remettre, c’est-à-dire mettre de nouveau et si possible mieux !

Première partie : mettre les pendules à l’heure. Ce qui sera à examiner dans le sens propre et dans le sens figuré.

-d’abord : qu’est-ce qu’une pendule ?

Un objet, un instrument, un outil de mesure, d’indication de l’heure, du temps, il y en a eu et il y en a de diverses sortes : cadran solaire, sablier, clepsydre, horloges diverses (église, beffroi, place publique, lieux publics divers, montre,bougies...autres usages du feu…)

Qu’est- ce que l’heure ?

C’est, pour aller vite, le moment d’une action (le lever, l’embauche, un rendez-vous le repas…) c’est aussi et surtout ici une certaine division, organisation du temps, de la durée. Très vite, les hommes ont éprouvé le besoin d’organiser ainsi leur temporalité, notamment afin d’organiser leur vie collective.

Dans des sociétés traditionnelles, ou rurales, ce sont les besoins, les activités qui servent de repères : la faim, la fatigue, la durée nécessaire à un tâche (un sillon, un champ, un trajet, une rangée…).

Dans d’autres sociétés (urbanisation, industrialisation, entreprises diverses), il a fallu inventer des artifices. Qu’est-ce qui nous indique que c’est bien l’heure, ce qui fait autorité pour cela ? Ma montre, oui, mais est-ce suffisant ?

Il y a en effet une diversité des expériences du temps, de la temporalité (le rythme,la durée, intervalle, la mort…), diversité qu’il a fallu uniformiser, synchroniser pour les besoins de la vie collective :

-temps astronomique (les saisons,le jour, la nuit...)

-temps biologique (activité, repos, veille, sommeil, réplétion, évacuation), ce qu’on appelle nos «horloges biologiques».

-temps social : la division du travail, ouverture, fermeture de l’entreprise, la cantine, le restaurant, les rendez-vous…

-temps psychologique : la durée subjective, qualitative..(l’ennui, l’impatience…) "le temps me dure."

Ces divers temps ne sont pas naturellement et spontanément en accord, en harmonie (entre autres, les élèves, les professeurs le savent bien (la sieste, être du soir, du matin…)

Comment alors s’accorder, sur quelle heure, quels critères, quelle autorité ?

Dans nos sociétés, ce ne sont pas les tâches qui ponctuent les heures, ce sont au contraire les heures, les horaires qui ponctuent, ordonnent les tâches !

Au sens propre ; Qu’est-ce qui peut être objectif, pour une vie collective harmonieuse ?

-une heure universelle ? le rapport terre-soleil ? avec les cadrans solaires. Mais cela manque de précision et au fond variable : l’heure «solaire» n’est pas la même à Strasbourg, Auxerre et Brest ! Comment se donner un rendez-vous sûr à Marseille quand on habite ces autres villes ? (le soleil au zénith…)

Ce fut l’invention des fuseaux horaires et de l’heure officielle, légale, voire locale, à partir d’un découpage autour d’un méridien. On s’est entendu sur une convention collective c’est le méridien de Greenwich qui a été adopté lors d’un congrès international en1884.

L’heure et les marquages, les indications de l’heure sont devenus des faits «politiques». Cela a d’ailleurs toujours été une question de pouvoir : la cloche du monastère, de l’église, du château, du beffroi, du concierge…(la cloche, la sonnerie, la radio…)

Une fois cette uniformisation décidée et décrétée, il faut et on peut mettre les pendules à l’heure officielle donnée par l’horloge parlante, via les radios et les diverses horloges publiques.(la première chose à faire quand on achète une montre) : on accorde les pendules, les horloges, les montres sur l’heure officielle, que nous donnent et nous répètent à satiété les lieux et les stations considérés comme ayant cette autorité ou faisant autorité.

Ce ne sont pas des sujets singuliers en leur nom propre (malgré leurs désirs, leur appétit…) qui décident de l’heure qu’il est à un moment donné, il le faut bien pour agir ensemble, s’y retrouver : les transports, les rendez-vous, les ouvertures et fermetures, le temps du travail, du repos, des repas…les membres d’un commando qui partent en action à la lettre, c’est bien une synchronisation, pour agir en harmonie.

Il y a utilité de marcher ensemble, au même rythme, sans pour autant marcher au pas comme dans un défilé militaire, être sur la même longueur d’onde.

Combien de fois regardons-nous notre montre et nous demandons-nous si elle est bien à l’heure, et quelle heure et comment vérifions-nous ? Et quand ça ne va pas, que faisons-nous ?

Mettre à l’heure, dans le sens figuré :

Activité de la connaissance, activité scientifique : il s’agit de la vérité, s’efforcer de s’appuyer sur la même objectivité, le même «midi», les mêmes points cardinaux.

L’activité de la politique : la même loi pour tous.

Présence de la morale : on cherche et essaie d’appliquer des valeurs communes autour du Bien.

Mais Il arrive qu’il y ait des écarts, des différences, des dysfonctionnements : montre arrêtée ou en avance ou en retard. Toutes nos horloges n’indiquent pas la même heure !

On voit cela notamment aux changements d’heure (décision politique !) de l’hiver à l’été, ou l’été à l’hiver, ou lors de voyages où l’on change de fuseaux horaires…

D’où viennent ces écarts ?

De la pendule ?

Des systèmes de référence ?

Des repères objectifs,

Du temps lui-même ?

De celui qui lit l’heure ?

Au sens figuré aussi, il peut y avoir des divergences, des conflits.. alors comment procéder ?

En tout cas, ces écarts peuvent entraîner des gênes diverses, des malentendus, des pertes de temps, pertes du temps ! c’est une méconnaissance fâcheuse !

Alors, on écoute l’heure officielle et on remet nos horloges à cette heure, dut-on y passer une partie de la journée ! remettre les pendules à l’heure, pour remettre de l’ordre, retrouver un ordre perdu.

Mais, une fois encore, qui donne l’heure ? qui donne midi ? Au fond, quel est le maître de l’heure ? Quel est le maître du temps ?

-L’éducation : apprendre à lire et à respecter l’heure en vigueur dans la collectivité dans laquelle on est, on vit, on est né, ou on vient à vivre. Apprendre les chemins de la connaissance. L’éducation comme apprentissage de l’heure dans une société donnée à une époque déterminée.

-La justice : quand il y a des déviances, remettre dans le droit chemin, remettre à l’heure, rendre justice, remettre les choses à leur place, faire un procès, pour remettre à leur place, innocent, coupable, victime. La justice comme remise des pendules à l’heure.

L’exemple du procès de Socrate : toute sa défense est une tentative de remise à l’heure des pendules : la sienne, celle d’Athènes, celle de ses accusateurs, celle de ses juges, celle du dieu ! D’où l’on voit que l’affaire n’est pas simple ! et en fin de compte, «seul le dieu le sait !»

Il s’agit bien pour la justice de remettre les choses à leur place, de faire éclater la vérité si possible. Tout procès, à charge et à décharge est un effort pour «remettre les pendules à l’heure».

Quel est le maître de l’homme ? Où trouver le midi, un fondement des valeurs, tout au moins un minimum d’accord vivable ?

Ce sur quoi on s’efforce de s’appuyer pour être en accord, le plus sûrement possible ?

C’est tout simplement -pour ainsi dire !- c’est le réel, le vrai, ce discours que l’on veut tenir sur le réel !

Exerçons-nous à quelques variations :

Remettre les pendules à l’heure : faire une mise au point (rendre justice, restituer la vérité, remettre les choses à leur place).

Retrouver son niveau de performance, après un échec, un doute, en sport par exemple, ou dans un exercice quelconque (une équipe excellente qui se fait rattraper, faire un cours médiocre…).

On va faire une mise au point, restituer, restituer la vérité, «c’est tout de même nous les meilleurs» !

Ou alors après des faits comme la rumeur, la médisance, la calomnie, la réputation : manière dont quelqu’un, quelque chose est considéré : opinion favorable ou défavorable. Représentation, image qui précède (ou qui suit)…alors que la personne n’est pas là.

Rumeur : nouvelle qui se répand dans le public (plus ou moins confuse et fondée) bruit confus de voix.

Calomnie : fausse accusation qui blesse la réputation, l’honneur.

Médisance : action de médire, tenir sur quelqu’un des propos malveillants, révéler ses défauts avec l’intention de lui nuire.

Médisance…quand on en est victime, ou pour aider quelqu’un, on va s’efforcer de "remettre…", c’ est-à-dire de restaurer la vérité, tout au moins essayer ! Faire une mise au point afin que les choses soient claires pour tout le monde. restituer, restituer la vérité. Remettre les choses, les faits à leur place.

Autant de types de discours qui peuvent être très dommageables, et à propos desquels il est indispensable de restituer la vérité !

Pour avoir une trame, on pourrait émettre l’hypothèse suivante : pour vivre dans la cité, que faut-il structurellement ?  «remettre les pendules à l’heure» comme métaphore de la vie collective.

La politique : organiser la vie collective autour d’un midi, de principes communs, de valeurs communes, autrement dit, organiser et décider de l’heure. C’est la loi, le travail de législation. la politique comme mise à l’heure.

-La vérité, tout au moins une certaine idée, une autre idée de la vérité, c’est bien le travail de l’activité scientifique : la science comme remise des pendules à l’heure par rapport à la perception du sens commun, par rapport aux préjugés, par rapport à l’argument d’autorité. (Qui a raison, le sujet ou l’objet ou un certain rapport entre les deux ?).

-Tout travail de désillusion peut être situé dans cette démarche de «remise…».

Illusions des sens, illusions psychologiques, idéologiques, religieuses…

-Dans le même sens, et en allant plus loin, on peut dire que c’est tout travail critique qui est un essai de remise, quand ça ne va pas comme on veut :

  • La mise en cause d’un système, d’une institution :

    • son dysfonctionnement, par rapport à ses objectifs, ses finalités

    • ou le système lui-même, dans sa nature.

-Par exemple, le système (éducatif) de l’enseignement (Education nationale), il faut remettre les pendules à l’heure : qu’est-ce qui est en son centre ? l’enfant, les savoirs, les syndicats, le tourisme ? Tant qu’on n’aura pas trouvé un midi commun, qui fasse accord minimum, ...on ne pourra améliorer sérieusement !

La Santé : la maladie, le malade, le soin, le coût ? il faut là aussi , remettre…

-en allant encore plus loin, on peut considérer que c’est toute démarche philosophique qui est une tentative de remise des pendules à l’heure, à la recherche de la vérité, de la justice, de la liberté, du sens.

L’économie encore :

Socrate et son procès.

Descartes contre scepticisme et dogmatisme.

Kant, entre empirisme et rationalisme dogmatique. Hume qui l’a poussé à remettre sa pendule à l’heure, pourtant si renommée dans son exactitude ! ce pourrait être une grille de lecture de toute philosophie, de toute institution, tout système, beaucoup de comportements humains !..

Mais aussi de toute existence humaine dans son évolution.

La question du sens de l’existence humaine :

Le midi n’est pas forcément là où on le croit.

On a assisté au «crépuscule» des sens traditionnel, métaphysique, religieux, idéologique…crépuscule alimenté ou théorisé par divers courant dits de «déconstructions».

On en est arrivé à ce que l’on appelé le «désenchantement», le nihilisme (non seulement on ne sait pas où est le sens, mais il n’y a plus de sens, la question du sens même n’a plus de sens ?)  combattue par Socrate et Platon : «L’homme est la mesure de toutes choses». Que penser, que dire de cette thèse ? Chacun, l’homme (individuel ou collectif) est-il maître de l’heure ? et par là du temps ?

Après le temps du désenchantement, on voit poindre des pistes de «réenchantement».

D’ailleurs au 19ème siècle déjà, Schopenhauer, ce pessimiste grand «saccageur de rêves», n’a-t-il pas écrit «l’art d’être heureux» ? et à notre époque ne voit-on pas des penseurs, des philosophes, tels Luc Ferry, André Comte-Sponville entre autres, à la recherche d’un «nouveau sens», élaborer une nouvelle transcendance, un nouvel humanisme, une «spiritualité laïque», «l’esprit de l’athéisme»…

Certes, on peut admettre que l’heure n’est pas donnée ici ou là par une pendule qui serait au-dessus de toutes les autres, un absolu qui s’imposerait, mais tout n’est pas à jeter et chacun n’est pas forcément voué à la dérive d’une boussole solitaire, «solipsiste» incertaine : on peut tracer son propre chemin en confrontation, en dialogue avec tous les autres chemins. La problématique d’autrui...

Comment remettre nos pendules à l’heure sans avoir à se soumettre à une heure qui nous serait imposée du supérieur, de l’extérieur, et sans pour autant prôner que «chacun voit midi à sa porte»? se rappeler le sens propre de cette expression, et convenir avec Socrate et Platon, contre les sophistes, que «l’homme-individu ne peut être la mesure de toutes choses !»

Je vois là un éloge de l’esprit critique philosophique et de la démocratie.

La question de l’illusion et de la réalité, la question de la finitude, de la mort. la question de la liberté. La question du temps : se mettre à l’heure par rapport au temps, vivre comme il convient la temporalité, qui est passé, présent, avenir, ni l’une ou l’autre «extase», mais les trois dans le présent seulement.

Les trois M :

Moins regretter le passé,

Moins craindre l’avenir,

Mieux jouir du présent.

Conclusion

"Remettre les pendules à l’heure", ce peut être :

-faire une mise au point, remettre dans le droit chemin,

-faire l’éloge de l’esprit critique, du doute, de la mise en question : faire des mises au point, s’accorder sur ce que l’on peut dire et faire ensemble du réel... De ceci on n’en a jamais terminé : même si nous ne prenons pas tous le même train à la même gare à la même heure, nous sommes tous conviés au même grand voyage dans l’exercice de la finitude humaine, il nous faut donc des accords pour le moins minimum. D’où :

-faire l’éloge de la démocratie qui est le terrain sur lequel nous jouons tous ensemble la mise en œuvre collective de ce voyage. Tout ce qui concerne l’humain peut être et même doit être débattu démocratiquement : très souvent il faut faire le point, remettre les pendules à l’heure : rétablir les bases d’une discussion sereine, faire des mises au point, marcher ensemble, en harmonie sans pour autant marcher au pas comme dans un défilé militaire ! Remettre la démocratie à l’heure de la démocratie, éventuellement sans illusion, car comme l’écrivait Rousseau à Mirabeau en 1787 : «Il n’y a pas de milieu supportable entre le hobbisme (l’absolutisme) le plus parfait et la démocratie la plus austère». On ne veut pas de l’absolutisme mais la rigueur, l’exigence d’une véritable démocratie sont difficiles à mettre en place, alors on essaierait de «naviguer» entre les deux , mais selon Rousseau, ce ne serait pas possible. La démocratie est belle quand on en parle, mais la mettre en œuvre n’est pas chose aisée, il ne faut pas se tromper d’heure. ou ce que disait Bodin (au 16ème siècle) :  «quand le calme règne dans une démocratie, c’est que la démocratie n’y est pas !»

La démocratie : la réflexion permanente sur la légitimité des pouvoirs, la séparation des pouvoirs, la place des contre-pouvoirs, la critique permanente ou plutôt la permanence de la critique, la seule certitude que rien n’est jamais acquis définitivement, tenir ensemble des logiques contraires (les intérêts de classes, la dialectique liberté/égalité, de la loi, de l’ordre et de la liberté, de l’obéissance et de la résistance, ces deux vertus du citoyen comme disait Alain). La confrontation des mœurs et de la loi. En démocratie, il faut constamment ensemble chercher l’heure et si possible mettre et remettre toutes nos pendules à l’heure, pendant notre vie terrestre. (Les débats des élections, les dialectiques diverses :liberté, égalité, la loi et la liberté, la liberté et la sécurité, les conflits d’intérêts, les meurs et la loi, les pouvoirs et les contre-pouvoirs, etc. etc.) il ne manque pas d’occasions de vouloir remettre les pendules à l’heure !

On dit quelquefois que la mort remet les pendules à l’heure, tous meurent, les puissants comme les faibles, les riches comme les pauvres, les criminels comme les justes…tous au même point devant le fait de la mortalité, ce qui ne veut pas dire pour autant égalité devant la mort, les cimetières manifestent encore des inégalités !

Pas d’absolu clef en mains, certes, apprendre à voir et à penser le monde en «perspective de grenouille» (cf. Nietzsche), ce qui ne veut pas dire «pur relativisme» -Platon et Nietzsche. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de valeurs universelles, qu’on ne peut pas s’accorder sur des relativités supportables !

Le film du collectionneur de pendules et d’horloges. Toute se vie il rêva de mettre toutes ses pendules, ses horloges, ses réveils à l’heure. Il arriva et aussitôt mourut, oui, mais si nous le pouvions de notre vivant, et en restant vivant ce serait encore mieux ! le rapport à l’idéal que l’on se donne : illusion  et principe de réalité ?

Dans les leçons de philosophie de SOPHIA, n’essayons-nous pas au fond de remettre les pendules à l’heure ? en faisant des mises au point à partir de notions communes, de thèmes classiques, en prenant, reprenant conscience de ce qu’il en est du réel, de nos rapports avec le réel, de tel ou tel réel, ou de ce qu’on appelle le réel. Les leçons de l’an passé :

Chercher midi…

Les langues, obstacles, certes, mais…

Danser n’est pas philosopher, et pourtant…

La joie, beau sentiment, mais à quel prix peut-être…

Et Dieu dans tout ça ? le remettre à sa place…

Et «je» dans tout ça ? Car nous affirmons tous «je», que nous aimons tant, à tel point que nous insistons «moi,je»…

Donc retrouvons-nous là tous les mois de l’année culturelle pour remettre ensemble, si besoin est, dans la mesure où besoin est, nos pendules à l’heure !

Gilles Troger                                                                                       octobre 2011

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Published by sophia - dans leçons
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