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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 18:49

La question des preuves de l'existence de Dieu ne relève pas de la religion ; elle est une question qui intéresse les philosophes, puisqu'elle repose sur l'exigence, pour la raison, d'établir la démonstration que Dieu existe ; question de métaphysique, donc, en ceci que l'objet Dieu n'est pas un objet physique – c'est-à-dire donné à la perception.

C'est avec la Critique de la raison pure, publiée en 1781, que la question de la métaphysique connaîtra une remise en cause radicale : la raison pure, c'est cette faculté de raisonnement dont nous disposons, et par laquelle nous prétendons pouvoir accéder, grâce à la seule logique de notre réflexion, à un savoir indubitable sur des questions métaphysiques.

= ainsi, la critique de la raison pure, c'est la mise à l'épreuve de cette prétention ; c'est la démarche qui vise à établir si la métaphysique – chez Platon, Descartes, Leibniz – est bien une science, ou si en dépit de ses qualités de réflexion logique et rigoureuse, elle n'est pas une science.

Pour bien situer le problème il faut distinguer entre différents types de jugements : les jugements analytiques a priori, qui restent dans le seul cadre de la logique des idées entre elles ; de l'analyse d'un concept on déduit un enseignement contenu dans ce même concept – du concept de triangle on déduit que la somme des trois angles est égale à deux droits.

= il y a également les jugements dits synthétiques a posteriori, qui portent sur les « choses de fait » comme les appelle Hume, c'est-à-dire sur les objets du monde extérieur ; pour établir un tel jugement, je dois joindre ce que j'apprends d'une expérience sensible à ce que je sais déjà par le concept : je fais la synthèse des deux, le jugement est a posteriori.

La métaphysique prétend quant à elle énoncer des jugements synthétiques a priori, c'est-à-dire qu'elle se considère capable d'établir des connaissances sur différents objets, en se fondant sur le seul exercice du raisonnement, sur la seule puissance de la raison.

= autrement dit, la métaphysique se présente comme une science des objets qui échappent à notre perception, mais dont la raison à elle seule serait capable de nous donner la connaissance ; elle prétend ainsi accéder à la vérité à propos notamment de l'existence de Dieu – mais aussi de l'immortalité de l'âme, ou de la liberté.

1 – Les preuves de l'existence de Dieu

Si la métaphysique ne se réduit pas aux preuves de l'existence de Dieu, il est pourtant clair que cette problématique est la plus importante de la métaphysique, puisqu'elle est celle sur laquelle se fonde toute la conception métaphysique de la vérité : Descartes, par exemple, ne peut garantir la vérité que sur l'affirmation nécessaire de l'existence de Dieu.

= on peut distinguer plusieurs types de preuves en fonction des raisonnements qui sont menés ; les deux premières ne sont pas totalement a priori puisqu'elles reposent sur des éléments qui sont empiriques ; seule la troisième sera véritablement a priori, et c'est sur elle que portera essentiellement la réfutation kantienne.

1 – la preuve «physico-théologique» peut être décomposée en quatre temps assez simples : d'abord, nous pouvons constater partout dans le monde des signes d'un ordre, comme si en toute chose se trouvait une finalité précise : toute chose semble avoir été pensée selon une grande sagesse, en vue d'une fin précise au sein de l'ensemble.

= or, un tel ordre conforme à des fins ne peut pas être dû aux choses elles-mêmes – elles n'ont pas pu elles-mêmes se donner de telles fins ; celles-ci n'ont pu leur être données que par un être raisonnable, ayant prévu toute chose selon des principes et des idées directrices.

= il doit donc y avoir une cause – ou plusieurs – qui est la cause du monde tel qu'il est organisé ; cette cause n'est pas simplement mécanique, et ne donne pas naissance au monde en vertu de sa seule fécondité, mais elle est intelligente et produit le monde en vertu de sa liberté.

= par analogie avec l'appréciation qu'on peut avoir d'une œuvre d'art – où tout semble avoir été pensé par un créateur pour être coordonné – on déduit de l'unité constituée par les différentes parties du monde dans leurs rapports entre elles, l'unité de la cause du monde.

2 – la preuve «cosmologique» consiste elle aussi à partir du constat de l'existence du monde autour de nous ; mais elle repose cette fois sur la notion de causalité : chaque chose dans le monde est due à une cause qui a pour caractéristique d'être contingente, en ce sens qu'elle aurait pu être ou ne pas être.

= mais la cause elle-même de cette chose a eu également une cause, qui elle aussi doit son existence à une cause ; nous nous trouvons devant une série de causes, qu'il est impossible de remonter à l'infini ; dès lors, il faut logiquement qu'au début se trouve une cause qui soit non pas contingente, mais nécessaire, c'est-à-dire qui existe par elle-même : causa sui.

On peut constater deux choses dans ces deux preuves «physico-théologique» d'une part, et «cosmologique» d'autre part, de l'existence de Dieu, c'est d'abord qu'elles se fondent donc sur une dimension empirique – elles demandent qu'on constate l'ordre du monde, soit selon des fins, soit selon des causes – et reposent ainsi sur un appel au constat d'une évidence ; ces deux preuves sont dont a posteriori.

= ensuite, on peut noter qu'en réalité, la conclusion à laquelle elles arrivent toutes les deux, c'est celle de la nécessité de l'être qui est à l'origine du monde ; autrement dit, comme le remarque Kant quand il se contente d'exposer ces deux preuves, elles reposent toutes les deux sur la seule autorité de la preuve ontologique, qui leur est en quelque sorte sous-jacente.

3 – la preuve «ontologique», en revanche, est bien une preuve a priori, puisqu'elle vise à démontrer l’existence de Dieu à partir de la seule définition de l'être de Dieu – «ontos» – et sans s'appuyer jamais sur la référence au monde qui nous entoure, c'est-à-dire abstraction faite de toute expérience sensible ; on la trouve notamment chez Descartes, essentiellement dans les Méditations métaphysiques.

= le concept de Dieu contient l'idée que Dieu est l'Être souverainement parfait ; or, si quelque chose existe, c'est que rien d'autre ne peut être pensé comme ayant un pouvoir supérieur au sien, et qui serait le pouvoir de l'empêcher d'exister ; ce qui signifie donc que le fait d'exister est bien une perfection.

= si Dieu n'existait pas, cela signifierait qu'il serait moins parfait que la chose qui l'empêche d'exister, qu'il n'aurait donc pas toutes les perfections ; comme Il est l'Être souverainement parfait, il est impossible qu'il ne possède pas toutes les perfections, et parmi elles, l'existence : ainsi non seulement Il existe, mais Il existe nécessairement.

Cet argument ontologique – ainsi baptisé par Kant, et non par Descartes lui-même – est complété par une autre argumentation, selon laquelle Descartes trouvant dans son esprit l'idée d'un être infini, constate que son entendement étant lui-même fini – c'est-à-dire limité – ne peut être l'auteur de cette idée.

= autrement dit, le concept de Dieu contenant l'idée d'infini ne peut avoir été mis dans mon entendement que par un être possédant lui-même l'infinité : le principe auquel se réfère ici Descartes, c'est qu'il ne peut y avoir plus de réalité dans l'effet que dans sa cause ; or, si mon concept me présente la notion même de l'infini, c'est donc que, nécessairement, un être infini a mis en moi cette idée de l'infini.

2 – La réfutation des preuves de l'existence de Dieu

Kant ayant distingué les trois types de preuves possibles, il les réfute les unes après les autres, en commençant par la preuve ontologique : celle-ci étant en effet au cœur des deux autres, il n'aura plus besoin, pour les réfuter, de montrer en quoi leur solidité repose sur en fin de compte sur elle.

= la force de la preuve ontologique, c'est de passer d'une impossibilité logique – le concept de Dieu ne peut pas ne pas contenir l'idée de perfection – à une nécessité d'existence – donc, Il existe nécessairement sinon il ne serait pas parfait.

= ce que Kant va précisément s'efforcer de montrer, c'est que la qualité d'être «nécessaire», lorsqu'elle est bien contenue dans la relation entre le concept et son prédicat – sous la forme d'une impossibilité logique du contraire – ne peut pas du tout être étendue à la relation entre le concept et l'existence de la chose dont elle est le concept.

= il y a donc deux ordres qu'il faut clairement distinguer, alors que la preuve ontologique tend au contraire à les confondre – et ainsi à reposer sur un sophisme – à savoir l'ordre logique des concepts d'une part, et l'ordre de la réalité des choses d'autre part.

Partons du lien nécessaire qui existe entre un concept et un prédicat, dans un jugement que Kant appelle «identique» – autrement dit, un jugement d'analyse, dans lequel on ne fait qu'énoncer un prédicat qui est contenu dans le concept même ; par exemple : «un triangle a trois angles» est bien un jugement identique, le lien entre un triangle et le fait d'avoir trois angles, est nécessaire.

= puisque ce lien est nécessaire, si dans un tel jugement identique, je supprime le prédicat tout en gardant le sujet, dans une affirmation comme : «un triangle n'a pas trois angles», ou «un triangle a quatre angles», il y a une contradiction, puisque le prédicat est par définition contenu dans le concept.

= en revanche, si je supprime le concept lui-même, autrement dit si la notion de triangle n'existe pas, je supprime en même temps tous les prédicats qui composent cette notion, qui lui sont logiquement rattachés en tant qu'ils constituent ce concept : du coup, il n'y a « plus rien que la contradiction puisse affecter », comme dit Kant ; il n'y a pas de contradiction.

Or, l'erreur logique commise par l'argument ontologique, c'est de faire passer l'existence pour un attribut de Dieu, au même titre que l'omniscience, l'omnipotence, la sagesse, la bonté, etc. ; mais c'est totalement illégitime parce que l'existence n'est pas un attribut.

= deux énoncés comme «Dieu est», et «Dieu est parfait» n'ont pas du tout la même valeur logique, et il n'est pas du tout légitime de tirer l'un de l'autre et vice-versa ; si on peut dire «Dieu est», dans l'hypothèse où on saurait que Dieu existe effectivement, on peut logiquement en déduire ce qui est contenu dans son concept : «Dieu est parfait».

= en revanche, si on a le jugement «Dieu est parfait» – au même titre que «Dieu est bon» ou «Dieu est omniscient» – on ne fait que décrire logiquement le concept de Dieu ; mais de ce concept, il n'est absolument pas possible de tirer la conclusion que l'objet qui est censé lui correspondre dans l'ordre de la réalité, existe effectivement.

Pour actualiser l'image que Kant prend afin de se faire comprendre : le concept de cent euros correspond très exactement aux cent euros que je possède réellement ; mais l'existence de ces cent euros, ne dépend pas du tout de ce concept ; autrement dit, l'existence des cent euros n'est pas un attribut du concept : je suis plus riche avec les cent euros réels qu'avec le concept de cent euros.

En somme ce que montre Kant dans cette réfutation des preuves de l'existence de Dieu, c'est que la métaphysique ne peut légitimement prétendre être une science qui, par la seule puissance logique de la rationalité, nous apporterait du savoir, nous ferait accéder à la vérité sur des objets ou des questions qui échappent à notre expérience.

= comme on l'a vu précédemment, pour qu'il y ait connaissance de quelque chose, il faut nécessairement que deux conditions soient réunies : une expérience, autrement dit une perception sensible, et un concept, c'est-à-dire un moyen d'identifier un objet par l'activité de la pensée ; en prétendant tirer du seul concept la déduction qu'une chose existe, la métaphysique ne peut pas accéder à du savoir.

= mais cet échec ne signifie pas que les objets métaphysiques disparaissent pour autant : les questionnements autour de Dieu, de la liberté, ou de l'immortalité de l'âme, sont toujours possibles ; simplement, même s'il est de la nature de la raison de chercher à unifier notre savoir dans des réponses qui soient démonstratives et absolues sur ces questions, cette tendance ne peut déboucher sur du savoir.

On verra plus loin que, du même coup, Kant va donc délimiter deux domaines distincts sur lesquels s'appliquera différemment notre raison : celui à l'intérieur duquel elle peut élaborer du savoir, et celui à l'extérieur duquel elle ne peut y parvenir ; d'où la deuxième question qu'on peut se poser, autour de la croyance, à laquelle la raison doit faire une place.

3 – Savoir, penser, croire

La Critique de la raison pure permet de comprendre qu'il est de la nature de la raison de vouloir accéder à un savoir complet et absolu permettant de répondre aux questions ultimes que se posent les hommes ; il est de la nature de la raison de poser des questions métaphysiques, en prétendant parvenir à y répondre par le seul usage de ses capacités.

= c'est ce que Kant appelle la «dialectique transcendantale» : au-delà de ce que nous pouvons connaître par l'usage de notre entendement joint à notre perception, la raison s'efforce d'unir tout le savoir dans une démarche totalisante ; ainsi en cherchant à démontrer l'existence de Dieu, elle croit parvenir à répondre à toutes les interrogations de l'être humain.

= mais toute la Critique a été écrite pour établir qu'en procédant ainsi, la raison dépasse son pouvoir véritable, et que sa prétention à répondre à ce genre de questions est illégitime ; Kant montre que la raison est incapable d'accéder à un savoir de type métaphysique, en donnant des réponses aux questions ultimes que sont l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme, et la liberté de l'être humain.

Kant montre aussi que si c'est bien dans la nature de la raison de prétendre poser et résoudre ce genre de question, alors il doit être possible de trouver un usage pertinent de cette prétention ; pour cela, il faudrait donc passer de la «dialectique transcendantale» à une «méthodologie de la raison pure».

= or, le propre de la démarche de la raison pure, c'est de donner lieu à des concepts purs, qui présentent un objet sous forme de perfection ; ainsi Kant prend comme exemple le concept de Cité parfaite, étudié par Platon dans La République : la réflexion philosophique étant censée permettre aux hommes de mettre en place l'organisation de la cité la plus parfaite.

= mais Kant montre que ce concept de Cité parfaite, décrit par une démarche métaphysique, n'est absolument pas applicable dans la réalité des hommes ; la démarche de Platon repose en effet sur l'exigence de contemplation de l'Idée de Justice, qui se trouve dans le monde des Idées, alors même que le monde où vivent les hommes n'est qu'une copie imparfaite des Idées de ce monde métaphysique.

Pour autant, Kant n'en déduit pas que cette illégitimité de l'Idée de la Cité parfaite, doit nous amener à écarter définitivement une telle Idée ; rien n'interdit au contraire, d'utiliser une telle Idée, un tel Idéal, pour penser la réalité des hommes, en vue, non d'atteindre cet Idéal, mais de faire évoluer la réalité humaine.

Il faut donc admettre un double rapport de la raison à la vérité, en fonction des deux types d'objets qu'elle peut envisager ; il y a ainsi les objets dont à la fois nous pouvons nous faire un concept, et dont nous avons l'expérience – qui sont donc des phénomènes – : ces objets sont objets de notre savoir et relèvent de la science.

= il y a par ailleurs les objets dont nous pouvons nous faire un concept, mais dont nous n'avons pas d'expérience sensible – on peut les désigner comme des Idées – : ces objets relèvent de la métaphysique ; or, s'ils ne peuvent pas être connus au même titre que les phénomènes, ils peuvent au moins être pensés.

= dès lors, les concepts purs de la raison – qui sont dits «purs» parce qu'ils n'ont pas d'objets auxquels ils correspondent dans la réalité – peuvent du moins servir à orienter et diriger la pensée ; chacun de ces concepts purs de la raison peut être ce que Kant appelle un Idéal régulateur – une Idée régulatrice – : il «règle» la pensée, il l'oriente, il la dirige.

1 – en 1795, Kant écrit un ouvrage intitulé Vers la paix perpétuelle ; il part du constat que les États sont dans des relations qui relèvent de l'état de nature – guerre, paix seulement conçue comme armistice entre deux guerres – et montre qu'il y a un devoir de travailler à une paix qui ne soit pas seulement temporaire, mais «perpétuelle».

= cette notion est donc bien un idéal, et constitue bien un concept dont il n'y a pas d'exemple réel dans le monde humain ; pourtant, c'est bien en pensant de manière rigoureuse ce concept que l'on peut transformer la réalité humaine pour faire en sorte qu'elle s'en rapproche le plus possible.

2 – mais déjà, en 1784, Kant avait publié un autre texte intitulé Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique ; le titre à lui seul montre qu'il s'agit de penser une Idée, un Idéal, un concept dont nous ne pouvons savoir s'il renvoie à une réalité concrète et vérifiable.

= cette Idée, c'est celle selon laquelle on s'efforce de penser l'histoire universelle, autrement dit l'histoire des hommes, l'histoire de l'humanité, en l'envisageant au point de vue cosmopolitique, c'est-à-dire comme si l'humanité était destinée à constituer une seule société composée de toutes les formes particulières que sont les sociétés et cultures des hommes.

Dans ces deux textes, Kant élabore donc toute une réflexion, sur la base d'une Idée de la raison pure, sur la possibilité de transformer les relations entre les États, de manière à constituer une Fédération des États permettant de faire progresser l'humanité vers la finalité qu'on peut penser comme étant la sienne : toujours plus de droit, de liberté, et de paix.

Il faut maintenant, pour terminer, délimiter clairement les trois domaines que la Critique de la raison pure permet de définir, à partir de la compréhension des capacités de la raison – ces trois domaines correspondent à trois manières qu'ont les hommes de se rapporter au monde.

1 – le domaine du savoir

Le domaine du savoir est circonscrit à l'intérieur des limites de la raison ; il s'agit ici d'une limitation qui est due au pouvoir même de la raison – le pouvoir de la raison ne peut s'étendre au-delà de cette limitation – il faut comprendre que les limites de la raison sont en elles-mêmes immuables et infranchissables : il n'est pas possible à la raison d'avoir la moindre connaissance véritable sur un objet hors de notre perception.

= en revanche, tout ce qui est à l'intérieur de ces limites, c'est-à-dire qui permet la mise en relation d'un concept avec une expérience sensible, compte tenu des conditions requises par notre esprit, peut faire l'objet d'une connaissance – qu'elle soit scientifique ou simplement empirique.

2 – le domaine de la pensée

Les objets au-delà des limites de la raison peuvent faire l'objet de l'activité de la pensée : on peut penser un objet qui échappe à notre perception – comme Dieu par exemple, ou la Cité parfaite de Platon, celui d'Utopia de Thomas More, celui de justice, de liberté, de droits de l'homme ; il s'agit alors de se donner un modèle, un idéal, pour disposer d'un instrument critique afin de juger, corriger, réformer la réalité.

= mais d'autres objets, bien qu'étant en-deçà des limites de la raison, durant un temps au moins ne peuvent faire l'objet que de la pensée : ceux que pense la science avant de pouvoir les connaître en les observant ; le savoir de la science est borné – à l'intérieur des limites de la raison : les bornes de la science, c'est l'état actuel du savoir, qui n'est pas définitif ; c'est l'état provisoire de notre savoir, qui est appelé à toujours s'élargir, sans jamais pouvoir inclure ce qui est au-delà des limites de la raison.

3 – le domaine de la foi

Pour finir, il reste que la raison, face à ses limites, a aussi besoin de «croire» ; elle est la faculté qui veut comprendre, jusqu'à prétendre avoir la connaissance de l'inconditionné – ce qui n'est pas conditionné aux lois de la nature ; la compréhension, par elle-même, de ses limites, l'amène du moins dans sa recherche d'explications à «faire une place pour la foi.»

Jean-Luc Nativelle mai 2016

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Published by sophia
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